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Les activités concernées sont signalées dans notre calendrier.  Prenez soin de vous et nous nous retrouveons sous le soleil prochainement pour ces activités.

logo mp3Durant cette période de confinement, je vous propose de ré-écouter notre conférence sur l'autonomie énergétique
donnée durant le salon primevère le 7 mars dernier : C'est ici

 

Les thématiques du puzzle

vendredi, 29 novembre 2019 15:44

Attention aux énergies dites « renouvelables », le cas du photovoltaïque:

extractionIl faut vraiment faire attention à ce mot « renouvelable » qui est tout de même souvent utilisé abusivement. Dans le cas du photovoltaïque, si effectivement on récupère de l’énergie sous forme d’électricité « gratuitement » du soleil, il faut vraiment prendre en compte l’énergie qu’il faut pour fabriquer un panneau, l’onduleur (appareil qui transforme le courant pour le rendre compatible avec le courant de nos maisons), les câbles ..etc
On ne compte pas les batteries, on reste sur une analyse d’un système sans stockage.
Longtemps j’ai répété qu’il fallait en gros 3 ans pour être à l’équilibre, c'est-à-dire le moment où le panneau aura produit autant d’énergie qu’il en a fallu pour le fabriquer.
J’avais trouvé ce chiffre sur Internet, sans vraiment plus de détails.Mais un jour j’ai voulu vraiment comprendre d’où venait ce chiffre, et comment il avait été calculé.
J’ai fini par trouver la réponse sur une étude commandée par Hespul, que l’on peut lire ici : https://fr.calameo.com/read/00438920584455e424423

C’est un document qui date de 2009, et on peut imaginer que même si les techniques ont un peu évolué il reste très pertinent.
Il explique en détail comment on fabrique des cellules photovoltaïques et au final combien coute en énergie, mais pas seulement, un système photovoltaïque branché sur le réseau.

Voici une partie du résumé :

 

Résumé de la synthèse sur l'ACV photovoltaïque

Parmi les sources documentaires disponibles en langue française, une synthèse de publications scientifiques relatives aux procédés de fabrication et à l'impact environnemental des systèmes photovoltaïques a été élaborée par Hespul en 2009. Les procédés de fabrication décrits sont la réduction carbothermique de la silice dans un four à arc, le raffinage du silicium solaire par procédé Siemens (voie gazeuse chlorée), la cristallisation du silicium en lingots et la découpe des plaques, la fabrication des cellules photovoltaïques par dopage, polarisation et traitement anti-reflet, l’assemblage des modules par encapsulation dans un feuilleté verre/EVA/Tedlar®, et enfin l’installation du système comprenant câblage et onduleurs. Les analyses du cycle de vie vont de l’extraction du quartz à la production d’électricité 30 ans durant, hors fin de vie des systèmes, avec un remplacement d’onduleurs. Le mix énergétique de la fabrication est de type UCTE région Europe de l’Ouest.

La fabrication nous révèle une consommation de silicium de 10 à 15 g/Wc, des éléments toxiques présents à l’état de traces (Pb, Br, B, P), l’utilisation de métal aux ressources limitées (Ag), et une dépense énergétique conséquente due à l’aluminium et au silicium (40%). Elle occasionne la génération de rejets chlorés, de boues chargées en silicium et de gaz et d’effluents provenant de l’utilisation de produits chimiques.

Les résultats de l’analyse du cycle de vie sont que l’énergie est l’impact majeur, avec environ 30000 MJ d’énergie primaire par kWc, soit 2500 kWh d’énergie finale. Pour caractériser les effets sur l’environnement d’un système photovoltaïque, les indicateurs pertinents sont le temps de retour énergétique, qui est d’environ 3 ans, et l’effet de serre, en g CO2-eq/kWh.

Les avancées technologiques identifiées qui permettent de réduire ces impacts concernent la production de silicium solaire avec l’utilisation d’un réacteur à lit fluidisé au lieu d’un réacteur Siemens ou la voie métallurgique (Elkem Solar). Les recommandations de mise en œuvre sont de privilégier des modules sans cadre aluminium et d’installer les systèmes dans les règles de l’art afin d’optimiser leur production (orientation, inclinaison, ombrages, ventilation, onduleur performant, suivi de la production etc…). L’étape suivante sera la mise en place d’une filière de recyclage.

_________________

On retrouve alors ce fameux chiffre de 3 ans, CQFD me direz vous !

Oui mais …
Mais il est écrit que l’étude se base sur la production du système (cellules, panneaux..etc) avec un mix énergétique basé sur des industries installées en Europe de l’ouest, c'est-à-dire en gros chez nous ou nos voisins, et ça change tout !
Ca change tout parce que je ne vais rien vous apprendre en vous disant que 99% (voire plus) des cellules sont fabriquées … en Chine, de même pour les onduleurs ..etc
On n’est alors pas du tout sur le même mix énergétique et vous imaginez bien que la gourmandise des systèmes de production en Chine n’a rien à voir avec les nôtres.
Je ne vais pas non plus vous faire un dessin sur le type d’énergie utilisée (charbon, pétrole ..etc). Je ne fais pas plus de dessin sur les normes de pollutions des entreprises qui fabriquent ces systèmes dans ces pays.
Pas de dessins non plus sur les « normes » sociales de ces pays qui permettent la fabrication à bas coût.

Donc quoi ?

Donc au final ce chiffre de 3 ans est biaisé, et je n’ai pas réussi à trouver une étude qui prend en compte ces lieux bien identifiés où sont produits nos panneaux et onduleurs.
Il faut donc vraiment relativiser ces 3 ans et on peut largement le multiplier par quoi 2, 3, 4 ?
Sans compter que le transport supplémentaire n’est pas pris en compte.

Et …  continuons de lire le résumé, même si je vous invite à lire le document en entier.
On trouve cette phrase : « La fabrication nous révèle une consommation de silicium de 10 à 15q/Wc, des éléments toxiques présent à l’état de traces (Pb : plomb, Br : Brome, B : Bore, P : Phosphore)  l’utilisation de métal aux ressources limitées (Ag :Argent) et une dépense conséquente due à l’aluminium et au silicium (40%). Elle occasionne la génération de rejets chlorés, de boues chargées en silicium et de gaz et d’effluents provenant de l’utilisation de produits chimiques. »

Imaginez que la production se fait dans des pays qui ne sont par très regardants sur la pollution, ni comment et par qui ils sont manipulés et vous aurez alors à mon avis une bonne vision de ce qu’engendre l’utilisation de systèmes photovoltaïques. Et là, nous ne parlons même pas des batteries que l’on voit débarquer à grande vitesse.

N’en jetez plus :
On ne parle pas non plus dans ce document des dégâts environnementaux liés aux mines pour l’extraction des matériaux dans les autres pays du monde !

En conclusion :
Cette énergie photovoltaïque dite « renouvelable » est donc de mon point de vue à utiliser en connaissance de cause, et il faut vraiment prendre conscience que si la pollution ne se retrouve pas directement chez nous, elle est bien quelque part !
Pour ma part, je pense qu’il faut vraiment limiter l’utilisation photovoltaïque, bien définir son projet et prendre en compte les problèmes expliqués ci-dessus.
Enfin, faut-il se réjouir de la baisse des prix du photovoltaïque et des batteries ?
Je vous laisse réfléchir à cela….

Que faut-il alors utiliser comme source d’énergie ?
Question difficile, et j’essaierai de faire prochainement un article dans ce sens.

On peut seulement se rappeler que l’énergie la moins chère, économiquement et écologiquement, est celle que l’on ne consomme pas !